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lunes, mayo 16, 2011

"Strauss-Kahn, c'est fini!"

Que ce soit en France ou au FMI, l'avenir de Dominique Strauss-Kahn semble désormais devoir s'écrire en pointillés. Le Français a été inculpé le 14 mai pour agression sexuelle aux Etats-Unis. Largement reprise et commentée dans la presse étrangère, cette information choque certains, mais ne surprend pas grand monde.

"Le pervers", titre le New York Daily News. Selon lui, Dominique Strauss-Kahn serait "connu en France comme 'le grand séducteur'". La nouvelle de l'interpellation du patron du FMI, le 14 mai à New York, a rapidement fait le tour de la planète médiatique. Les tabloïds conservateurs américains s'en donnent à coeur joie, et racontent par le menu l'agression sexuelle dont s'est déclarée victime une employée d'un hôtel de Manhattan. "Le gros calibre français qui dirige le FMI a été arrêté pour avoir prétendument sodomisé une femme de chambre", raconte, dans son style inimitable, le New York Post.

Révélé le 14 mai au soir par le New York Times, le scandale fait la une de tous les sites de presse ce 15 mai. "L'arrestation de Dominique Strauss-Kahn, poursuivi pour tentative de viol, me frappe comme une information à la fois étonnante - et pas totalement surprenante", réagit sur son blog Gideon Rachman, éditorialiste au Financial Times de Londres. Tous les journalistes font le même constat que le Britannique: DSK, même s'il est présumé innocent - il a choisi de plaider non coupable -, a contre lui une solide réputation de coureur de jupon. "Que les parties génitales étaient son point faible était de notoriété publique", attaque par exemple Michael Klasgen dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Il rappelle que DSK avait déjà défrayé la chronique fin 2008, quand le FMI avait mené une enquête interne sur son directeur pour abus de pouvoir, après la révélation d'une relation qu'entretenait l'ancien ministre des Finances avec l'une de ses subordonnées. A l'époque, DSK avait été blanchi. Il avait ensuite présenté ses excuses au personnel du FMI et à son épouse Anne Sinclair, plaidant une "erreur de jugement".

Deux questions reviennent inlassablement sous la plume des commentateurs et autres chroniqueurs : DSK peut-il encore prétendre, en France, à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2012? Et comment peut-il rester en poste au FMI, en pleine crise financière et alors que l'institution doit négocier un délicat plan d'aide à la Grèce? A la première question, le tabloïd allemand Bild apporte une réponse tranchée en parlant déjà de DSK au passé : "Le socialiste de luxe qui voulait diriger la France", titre-t-il sur son site Internet. "Strauss-Kahn, c'est fini!" acquiesce Joëlle Meskens, correspondante à Paris du quotidien belge Le Soir: "Celui en qui la gauche voyait l’homme providentiel, celui que les sondages donnaient gagnant depuis des mois ne sera pas le prochain président français. Et vraisemblablement, pas même le challenger de Nicolas Sarkozy. Quelles que soient les conclusions de l’enquête américaine, Dominique Strauss-Kahn sera bien trop affaibli dans toutes les hypothèses pour donner encore à son camp l’espoir de le conduire vers la victoire."

"Strauss-Kahn plonge le FMI dans une grave crise", titre pour sa part l'Handelsblatt, prestigieux quotidien financier allemand. Le Français devait rencontrer ce 15 mai à Berlin la chancelière Angela Merkel, et assister demain 16 mai à une réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe. Quand bien même certains saluent ses efforts pour revitaliser le FMI, depuis son accession à la tête de l'institution en 2007, tous considèrent cependant impensable qu'il puisse désormais rester en poste. "Les efforts du FMI [pour stabiliser l'économie mondiale après le choc financier de 2008] restent une oeuvre au long cours, que n'aideront en rien des controverses juridiques et un scandale politique au sommet de l'institution - surtout depuis que John Lipsky, le numéro 2 du FMI, a décidé de se retirer en août", considère en éditorial le Financial Times, qui appelle DSK à quitter ses fonctions le temps de l'enquête. Le Guardian, lui, en est déjà à envisager l'après-DSK : "Qui pourrait lui succéder au FMI ?", interroge-t-il sur son site Internet, misant sur un candidat venant d'un pays en développement.

A Washington ou Paris, l'avenir politique du Français semble bien compromis. "No he Kahn't", titrent de concert The Economist (Londres) et El Pais (Madrid), en référence à des T-Shirt à l'effigie de DSK qui commençaient à se vendre des deux côtés de l'Atlantique, avec le slogan "Yes, he Kahn" - un jeu de mot sur l'ancien slogan de campagne de Barack Obama ("Yes, we can", soit en français "oui, nous pouvons").

www.courrierinternational.com

lunes, febrero 28, 2011

México-Francia: desencuentros ocasionales

Iván Restrepo

Por más de 20 años he pasado el otoño en París en tareas académicas y ello me ha permitido establecer un fructífero diálogo con colegas y amigos cuyo conocimiento e interés por México es indudable. De allí su molestia por el affaire Florence Cassez. Ellos se preocupan por lo que nos pasa, así como nosotros por la vida social y política de Francia. En nuestras conversaciones sale a relucir lo mismo la corrupción y la impunidad que rodea el actuar de muchos funcionarios que las fallas en la impartición de justicia. En este último campo el de Florence Cassez se volvió tema obligado los últimos años, pues buena parte de la opinión pública estima que el proceso por el que se condenó a la francesa por secuestro estuvo viciado de origen debido al montaje televisivo-propagandístico a cargo de Genaro García Luna, cuestionado e intocado secretario de Seguridad Pública. Y por las contradicciones en que cayeron algunos involucrados en el juicio.

Varios ejemplos de las fallas de la justicia mexicana han tenido espacio en los medios franceses. Como el de los campesinos ecologistas Rodolfo Montiel y Teodoro Cabrera. El de las indígenas Alberta Alcántara y Teresa González, presas varios años en Querétaro por secuestrar a seis agentes de la temible Policía Federal. La persecución de que fue objeto la periodista Lydia Cacho por el ex gobernador de Puebla Mario Marín y sus compinches. La muerte de cientos de mujeres asesinadas en Ciudad Juárez. Los 49 niños quemados en una guardería ABC en Hermosillo. Los 72 migrantes asesinados en Tamaulipas. La violación sexual por soldados de las indígenas Inés Fernández y Valentina Rosendo. El asesinato en Oaxaca de Jyri Jaakkola, activista finlandés que formaba parte de una caravana humanitaria. O las recomendaciones emitidas por la Corte Interamericana de Derechos Humanos, que incumple el gobierno mexicano. Ahora la prensa y la gente de aquí y de allá se ocupan del documental Presunto culpable y del asesinato de otros tres integrantes de la familia Reyes Salazar, defensora de los derechos humanos en Chihuahua.

En Francia los escándalos también abundan. Como cuando el presidente Nicolas Sarkozy quiso imponer a su hijo al frente del ente económico más importante de París, o las complicidades con sanguinarios dictadores de África y Medio Oriente. O el de la dueña de L’Oreal, Lilliane Bettencourt, la mujer más rica de Francia, por financiar la campaña presidencial de Sarkozy y evadir impuestos. Le costó el cargo y el señalamiento social al ministro de Trabajo, cuya esposa trabajaba con Bettencourt. Uno reciente señala a la ministra de Asuntos Exteriores, Michelle Alliot-Marie, y su familia, en negocios con la camarilla del ex dictador de Túnez. También ella renunció, este domingo. Otro más, al ministro Patrick Ollier (novio de la canciller) por sus relaciones con el dictador libio. Pero como ocurre entre amigos, los temas se discuten con altura, sin que se cierren las puertas de nuestras casas. La amistad resiste las torpezas de los funcionarios en turno.

La desmesura del presidente Sarkozy de proponer dedicar el año de México en Francia a la señora Florence Cassez obligó a suspender la mayor parte de dicho programa, esperado con interés por la admiración que despierta en el país galo nuestras variadas expresiones culturales. Además, son de franceses muchos e importantes estudios sobre México y allá se han formado historiadores, ecologistas, médicos (como Ignacio Chávez), economistas, sociólogos y politólogos. El intercambio cultural y académico es permanente, fructífero, y en él han jugado importante papel embajadores que dejaron huella, como Jorge Castañeda, Carlos Fuentes o Jorge Carpizo. En el caso que ahora empaña las relaciones entre ambos países no podemos ocultar la pésima impartición de justicia en México y la torpeza con que se ha manejado el asunto Florence Cassez. Se extrañan los mejores días de la diplomacia de Francia y México .

Como afirman investigadores y creadores de los dos países, la cultura no debe utilizarse para revivir un patriotismo aldeano, o tapar los yerros de la burocracia. Tenemos una deuda permanente con la cultura francesa, más allá de los desencuentros ocasionales fruto de la arrogancia, la ineptitud y los mezquinos intereses electoreros.

viernes, febrero 04, 2011

Les femmes sont-elles “excellentes” ?


Récemment, je disais que le recours systématique au terme d’”excellence” était en train de tuer l’excellence et l’autonomie. Un courrier administratif me conduit à revenir sur ce terrain, et à poser la question (provocatrice évidemment) : les femmes sont-elles “excellentes” ?
Ce courrier vient de la direction du CNRS, qui s’émeut du fait que les Primes d’Excellence Scientifiques, mises en place dans le cadre de la politique gouvernementale, et fortement contestées, ont profité principalement aux hommes : 642 hommes et 153, soit un rapport de 1 à 4, alors qu’il y a 32% de chercheuses au CNRS. Qu’en conclure ? Que les femmes ne sont pas aussi excellentes que les hommes ?

La direction du CNRS est ennuyée, et incite les femmes à candidater. Il faut dire que la mise en place de la Prime d’Excellence Scientifique a suscité beaucoup de contestations, à tel point que de nombreux chercheurs ont décidé de la boycotter, comme Didier Chatenay, médaille d’argent du CNRS par exemple. L’argumentation est simple : la recherche est un processus collectif, et la focalisation sur quelques personnes est dévastatrice dans les collectifs de travail. Au CNRS, en 2010, seuls 20% des chercheurs ont candidaté pour avoir cette prime. Y aurait-il 80% de médiocres ? Reconnaître les talents est nécessaire. Il y a divers moyens, à commencer par la possiblité de franchir les échelons de la carrière de manière plus rapide, et revaloriser celles-ci.

Mais le moyen utilisé avec la Prime d’Excellence Scientifique est contre-productif. Pour candidater à une telle prime, il faut considérer qu’on est soi-même excellent. Et cela peut être totalement contradictoire avec la psychologie de nombreux chercheurs, quand bien même ceux-ci sont, de fait, d’un très bon niveau. Etre chercheur, c’est se trouver en permanence confronté à sa propre ignorance. C’est se heurter à des phénomènes qu’on ne comprend pas. C’est passer des mois, des années à tenter des approches pour résoudre un problème, et s’apercevoir qu’on n’y arrive pas. C’est tâtonner, faire des erreurs. C’est côtoyer des gens dont on a toujours le sentiment qu’ils sont plus brillants que soi-même. Dès lors, rédiger un dossier pour prouver qu’on est excellent est une démarche compliquée. Un collègue mathématicien siégeant dans des commissions de sélection de projets européens de recherche m’expliquait récemment que des dossiers français avaient été rejetés parce qu’il n’avaient pas apporté, dans le dossier, la preuve de leur excellence. Des dossiers qui venaient pourtant d’institutions qui comptent parmi les meilleures au monde. Mais la commission n’avait pas le droit de prendre en compte des éléments non-présents dans le dossier…

Mais revenons aux femmes. De nombreuses études qui tentent de comprendre pourquoi il y a beaucoup moins de femmes poursuivant des études de sciences dures ont pointé le fait suivant : à niveau égal, une lycéenne évalue son niveau beaucoup plus modestement qu’un lycéen. Parions qu’il en est de même chez les chercheurs. Bref, s’il y a moins de femmes titulaires de la prime, c’est en grande partie à cause d’un phénomène d’auto-censure.

Que faut-il en conclure ? Pour le CNRS, il faut inciter les femmes à candidater. Mais il faudrait plutôt faire le contraire, et prendre acte que cette manière de traiter de la recherche, en parlant d’excellence à tous les étages, est tout simplement contraire au fonctionnement même de la recherche, et est en fin de compte le premier ennemi… de l’excellence. Car cette présentation de notre métier est très dissuasive. Dissuasive vis-à-vis de tous ceux qui, modestes, ne se voient pas en train de rouler des mécaniques pour prouver qu’ils sont les meilleurs. Je me souviens d’une conférence de Laurent Schwartz, un des plus grands mathématiciens du 20ème siècle, qui expliquait que pendant toute sa vie il pensait être mauvais… et qu’un jour il serait démasqué. Aurait-il candidaté pour une prime d’excellence scientifique ? Pas sûr.

http://scienceetpolitique.blog.lemonde.fr

jueves, febrero 18, 2010

Des soldats français comme cobayes

Mohamed TOUATI

La Guerre d'Algérie dans tous ses états. La Guerre d'Algérie dans ce qu'elle recèle en elle de plus atroce, de dramatique et d'inhumain. Des soldats ayant servi sous le drapeau français ont été volontairement exposés aux irradiations émises par les essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966. Il ne pouvait y avoir aucun doute sur leur but inavoué. "Etudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l'homme par l'arme atomique", souligne le document que s'est procuré le journal français Le Parisien. Des jeunes hommes, essentiellement des conscrits, ont été positionnés tout près de l'endroit où devait avoir lieu l'explosion, pour les besoins de ce type d'expérience. Des soldats de l'armée française ont servi comme cobayes.
Un nouveau visage de la Guerre d'Algérie, des exactions commises par l'armée française vient d'être mis à nu. A travers les essais nucléaires menés au Sahara algérien dans les années soixante, une nouvelle page d'horreur vient d'être ouverte. 132 années de colonisation et de présence française en Algérie n'ont peut-être, avec ce nouvel éclairage, pas livré tous leurs secrets. Pour le moment, ce sont ses enfants qui en racontent la cruelle vérité. Des témoins vivants qui portent sur eux, leur corps, et en eux les séquelles. "A l'époque, les hommes ne comptaient pas", fait constater Lucien Parfait, une des victimes dont le visage a été ravagé par ces expériences. "Certains de mes amis sont décédés. Moi, j'ai eu des cancers au niveau de la tête, mais on me dit que ça n'aurait rien à voir", renchérit un autre, Fernand qui fut "baladé" sur le point zéro de "Gerboise bleue", nom de code de l'opération qui avait pour but de procéder à l'essai de la première arme nucléaire à Reggane et qui fut tenue secrète.

La bombe d'une puissance de 70 kilotonnes représentait l'équivalent de quatre fois celle d'Hiroshima. Les images reviennent. Fernand a mémorisé de manière indélébile celles d'épaves de camions "coupés en deux". Lucien Parfait ne décolère pas: "La France nous a laissé tomber. Beaucoup des nôtres sont sur leur lit de mort. Mon copain Gaston a été opéré 47 fois" s'insurge-t-il. "Nous avons été les cobayes de l'atome", accuse Guy Peyrachon, membre de l'Association des vétérans des essais nucléaires, créée en 2001 et qui compte près de 5000 membres. "J'étais à 10 km, en short, sans aucun protection", témoigne-t-il. La première bombe atomique française venait d'exploser, le 13 février 1960, avec comme conséquence une de ses premières victimes. Crises d'épilepsie, modules cancéreux de la thyroïde, Guy Peyrachon met fin à sa carrière de cadre supérieur dans les années 1980. "Le service militaire en Algérie n'a pas été une promenade de santé. Certains en porteront jusqu'à la fin de leurs jours les cicatrices." Le rapport publié par Le Parisien met particulièrement le doigt sur ce qui est qualifié "d'amateurisme des autorités" mais qui cache en fin de compte où l'humain est réduit à sa plus simple expression, une enveloppe corporelle un point c'est tout !

Les auteurs du rapport montrent comment les concepteurs des armes atomiques françaises font manipuler à la troupe des substances dont ils connaissent pourtant les dangers, rapporte Le Parisien. En ce qui concerne les essais souterrains, pour "un travail en atmosphère contaminée, l'autorité responsable peut autoriser les travailleurs à ne pas porter le masque (...) et leur faire inhaler en un jour, à titre exceptionnel, ce qui est normalement autorisé en trois mois" indiquent les auteurs du rapport. "Les militaires se réservent le droit d'autoriser un court séjour sans précaution spéciale, même en zone interdite", poursuivent-ils. Le document fait par ailleurs une révélation de taille. Sur le 13 tirs réalisés lors de ces essais, un seul a pu être contenu. Les autres se sont soldés par des fuites radioactives. Officiellement, on faisait mention de 4 accidents identifiés. Combien de victimes algériennes ont fait les frais de cette "barbarie des temps modernes" menée par une puissance qui se targue encore aujourd'hui d'avoir répandu durant 132 ans le bien-être et le savoir sur la terre d'Algérie? Une plaie qui ne risque pas de se cicatriser de sitôt du côté des deux rives de la Méditerranée.

http://www.lexpressiondz.com

viernes, octubre 30, 2009

ANGOLAGATE

L’Angolagate est cette histoire obscure de vente d’armes entre la France et l’Angola de 1993 à 1998. Les deux principaux accusés, l’homme d’affaires français, Pierre Falcone, et l’Israélien, Arcadi Gaydamak, n’ont pas nié avoir fourni à la République lusophone du matériel militaire comprenant des chars, des navires de guerre, des hélicoptères militaires, des obus, etc. Pour cela, ils ont été condamnés chacun à 6 ans de prison ferme. L’Israélien sentant venir le roussi, avait préféré prendre la poudre d’escampette et se réfugier dans l’Etat hébreux.

Ils sont nombreux qui estiment que les têtes tombées à la suite du verdict du procès de l’Affaire ressemblent à celles de moutons sacrifiés. Certains des condamnés ne veulent pas pour autant se laisser conduire sans résistance à l’abattoir. Ils ne sont pas de simples quidams à qui il faut faire porter le chapeau. A l’époque des faits, certains des prévenus étaient de hautes personnalités de la France : Charles Pasqua, aujourd’hui Sénateur, était ministre de l’Intérieur. Il doit donc savoir beaucoup de choses. Jean-Christophe Mitterand, fils aîné du défunt président François Mitterrand, était le Conseiller Afrique de son père. Une si grosse affaire de 790 millions de dollars ne pouvait donc pas passer inaperçue.

Après le prononcé du verdict, l’ancien ministre de l’Intérieur commence à délier la langue et porte de graves accusations, peut-être un peu tardivement. ’’Le président de la République de l’époque était au courant de l’affaire de vente d’armes à l’Angola ; le Premier ministre était au courant ; la plupart des ministres aussi. Le moment est venu de mettre les choses au clair’’, crie haut et fort Charles Pasqua, qui clame son innocence et demande au Président Nicolas Sarkozy de lever le secret défense sur cette affaire qui paraît avoir touché le sommet de l’exécutif français.

L’ancien ministre de l’Intérieur vient ainsi de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Si Nicolas Sarkozy accède à sa requête, il faudrait faire attention aux scorpions qui en sortiront.

Même si ce procès paraît être, d’une certaine façon, celui de la vieille époque, celle des Mitterrandiens et des Chiraquiens, Sarkozy ne peut se permettre de lever ainsi le secret défense sans affaiblir ou fragiliser la France. L’Etat est une continuité. Aujourd’hui, et ce malgré lui, il est le dépositaire et l’héritier du dossier qu’il doit gérer avec délicatesse, s’il ne veut pas que la France soit la risée de la communauté internationale. N’est-ce pas, du reste, déjà trop tard avec ces propos de Charles Pasqua ? La France n’est-elle pas déjà éclaboussée par l’Affaire ? A l’époque des faits, l’Angola était en guerre civile et surtout sous embargo de l’Organisation des Nations unies. José Eduardo Dos Santos, Président angolais, avait demandé à la France de l’aider à acquérir des armes. Paris avait officiellement refusé. Officieusement cependant, l’Hexagone avait favorisé les contacts avec l’Israélien, Gaydamak, et l’homme d’affaires, Falcone. Le résultat de tout cela se retrouve aujourd’hui versé sur la place publique.

Cette sordide histoire vient encore une fois mettre à nu l’hypocrisie et le cynisme des puissances occidentales. Comment peut-on en effet comprendre que la France qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU et n’a pas opposé son véto à la décision de l’embargo, ait ainsi violé cette interdiction de commercer avec l’Angola sur les armes ?

L’embargo avait sans doute été décrété pour mettre un terme à la guerre civile extrêmement meurtrière. L’objectif recherché était à l’instauration de la paix et à la préservation des vies humaines. On se rend compte aujourd’hui que cela était le cadet des soucis des dirigeants français de l’époque. Cette affaire révèle ce que certaines puissances occidentales paraissent être et ce qu’elles sont réellement. La corruption et autres pratiques mafieuses collent aussi à la peau de leurs dirigeants. Les guerres, comme on s’en rend compte avec cette affaire, sont des opportunités de renforcement de leur puissance et d’accumulation d’énormes richesses.

La République d’Angola, contre qui était décrété l’embargo, est un pays riche de son pétrole et de ses autres ressources naturelles. C’est le cas de nombreux pays, africains notamment, sous sanctions décrétées par la communauté internationale. Rien ne prouve que de nos jours, des violations de sanctions ne sont pas opérées à l’insu de tous. Il faudrait alors attendre une vingtaine d’années environ, avant que le pot aux roses ne soit découvert si d’aventure le gâteau n’était pas équitablement partagé. Avec ce genre d’affaires, les dirigeants occidentaux n’ont vraiment pas de leçons de morale à donner à leurs homologues des pays pauvres en matière de lutte contre la corruption.

Nicolas Sarkozy ne lèvera, peut-être pas le secret défense comme le demande Charles Pasqua pour se faire blanchir. Ce serait tout simplement suicidaire. Certaines informations, on le devine bien, ne peuvent nullement être livrées sur la place publique. Pour cela, la raison d’Etat sera toujours invoquée. Les affaires secrètes doivent le rester. La France ne voudrait certainement pas ternir ses relations avec l’Angola, à la suite de l’embellie que l’on observe aujourd’hui suite aux efforts diplomatiques du Président Sarkozy. Elle ne peut pas prendre le risque de perdre un partenaire si important de par sa position géographique et ses richesses. Avec le procès en appel sollicité par Pasqua, une formule pourrait être trouvée pour satisfaire tout le monde. Pierre Falcone, qui jouit de l’immunité diplomatique angolaise, pourrait être expulsé de France et l’ancien ministre de l’Intérieur grâcié. L’honneur de la République sera alors sauf. Finalement, ce procès de l’Angolagate, à travers lequel l’indépendance de la justice française s’est manifestée, devrait aussi servir de leçon à tous les Africains. Nos dirigeans doivent plus que jamais promouvoir la démocratie, l’intégration et travailler à la paix et au développement humain durable.

http://www.lepays.bf/

miércoles, septiembre 23, 2009

ADN: de la vida al racismo

Arnoldo Kraus

El ácido desoxirribonucleico –ADN– es sinónimo de vida. Todos los seres humanos, al igual que los animales, tienen en sus células ADN. Las diferencias en el ADN entre humanos, y entre nuestra especie y los animales, son mínimas. Las pequeñas diferencias suelen ser suficientes para saber quién es el padre o la madre del hijo o de la hija.

Determinar el ADN de los supuestos progenitores, sobre todo del padre, es una práctica legal cuando se busca esclarecer a quién corresponde la paternidad. Estos estudios, aunque conlleven dolor –por ejemplo, cuando el resultado determina que el supuesto padre no es el padre–, son, independientemente del resultado, muy útiles.

Los desarreglos en el funcionamiento del ADN o las alteraciones en algunos de sus componentes son la causa de muchísimas enfermedades. Las investigaciones encaminadas a dilucidar la génesis de algunas patologías a partir de las modificaciones del ADN progresan sin cesar y siempre serán bienvenidas. Muchos problemas médicos se entienden mejor cuando se estudia lo que sucede en el ADN. Aunque ya es una realidad, en el futuro buena parte de los esfuerzos terapéuticos y preventivos se encaminarán al corazón de la célula: al ADN.

La situación es distinta cuando la prueba para determinar el tipo de ADN se utiliza para probar el parentesco de las personas sin su consentimiento. Tal es el caso de una ley aprobada en 2007, en Francia, que, por fortuna, fue rechazada la semana pasada, tanto por razones técnicas como éticas. La ley proponía determinar el ADN a los inmigrantes que buscaban reagruparse dentro del núcleo familiar sin solicitar su consentimiento.

Esa idea es nefanda. Reúne tres elementos negativos: es racista, atenta contra la ética y es peligrosa porque tiene la posibilidad de reavivar nuevas pendientes resbalosas (la pendiente resbalosa es un término que se usa para referirse a una serie de eventos que seguramente finalizarán en algo indeseable. El término se acuñó a partir de la tristemente célebre eutanasia nazi).

La ley francesa, recientemente derogada, es racista porque marca diferencias entre un grupo humano –inmigrantes que requieren identificarse– y otro grupo humano –oriundos que no requieren identificarse. Atenta contra la ética porque viola tres principios éticos fundamentales: la autonomía, el consentimiento y la confidencialidad. Al infringirse la autonomía de las personas, se vulnera su voluntad. Al aplicarse la prueba sin el consentimiento del implicado, se niega su derecho a decidir si quiere o no someterse a determinado examen. Al despreciarse la confidencialidad de la persona, su material genético podría ser utilizado –¿quién lo impedirá?– cuantas veces se desee, por ejemplo, para valorar si vale o no la pena emplearlo de acuerdo con su perfil de posibles enfermedades; lo mismo podrían opinar las compañías aseguradoras y, dado el caso, cobrar primas extras. Además, al no contarse con el consentimiento se podrían crear bancos "secretos" de ADN, donde se almacenarían los datos íntimos de las personas. Finalmente, la ley francesa es peligrosa porque no sobran pretextos para que diversas pendientes resbalosas se echen a andar.

La suma de racismo, estigmatización y amoralidad recuerda los peores horrores y genocidios de la humanidad. Ninguno de esos episodios es lejano. Todos siguen vigentes. Algunos disfrazados, otros no. Los rostros de hoy son idénticos a los que desencadenaron los genocidios del siglo XX. La maldad no se modifica. Siempre está. Es característica de nuestra especie y moneda de nuestro tiempo. Basta alimentarla para que se exprese.

No sobra decir que algunos miembros del gabinete o personajes de la vida política en Francia consideran que la ley debería discutirse nuevamente; otros aducen que el problema no es ético, sino técnico, por lo que la ley debería revisarse cuando se cuente con la tecnología suficiente para determinar el ADN de todos los casos que "ameriten" ser estudiados. Es decir, la ley no ha sido sepultada del todo.

Determinar el ADN como condición para reagrupar a algunas familias de acuerdo con su material genético es sinónimo de racismo. La experiencia francesa, por ahora derogada, es peligrosa, no por ser francesa, sino –como todo el mundo sabe, y los europeos más que nadie– porque el racismo es una forma de ser altamente contagioso y con capacidad devastadora ilimitada.

El racismo es imparable. Se disemina con facilidad. Detenerlo es imposible. La ciencia médica no puede ser aliada de políticas racistas. Estudiar el ADN para saber más de las enfermedades es correcto. Aplicar la ciencia en contra de la humanidad es incorrecto. Los científicos que determinan el ADN no deberían prestar sus servicios cuando los propósitos del estudio faciliten la creación de nuevas pendientes resbalosas.

jueves, abril 02, 2009

Violences policières: le diagnostic accablant d'Amnesty

Jacky Durand

Chivocomentario: En todo el mundo se cuecen habas...

«La situation est telle en France que les forces de l’ordre se sentent au-dessus des lois.» Le constat est atterrant, sans appel. Il émane d’une organisation majeure, incontestable en matière de droits de l’homme : Amnesty International, qui consacre un site spécial au sujet. N’en déplaise aux adeptes de la pensée sécuritaire prompts à casser du «droit-de-l’hommiste», le rapport publié aujourd’hui par Amnesty (à télécharger en pdf ici) est une observation clinique des excès de l’action policière et de l’impunité dont jouissent les auteurs, faute de structure d’enquête indépendante et avec une justice plus prompte à classer les affaires qu’à les relancer.

Dans ces conditions, la police apparaît pour la grande majorité des victimes de ses excès comme un rouleau compresseur jouissant d’une quasi-impunité avec l’assentiment de bon nombre de procureurs et de juges. «Les homicides illégaux, les passages à tabac, les injures racistes et l’usage abusif de la force par les agents de la force publique sont interdits en toutes circonstances par le droit international. Or, en France les plaintes pour ce type de violations des droits humains ne sont pas souvent suivies d’enquêtes effectives, et les responsables de ces actes sont rarement traduits en justice», affirme Amnesty International.

Ce tableau n’est pas nouveau - en 2005, Amnesty dénonçait déjà dans son précédent rapport l’impunité des forces de l’ordre - mais en 2009, l’organisation constate «l’accentuation manifeste d’un phénomène inquiétant : les personnes qui protestent ou tentent d’intervenir lorsqu’elles sont témoins de mauvais traitements infligés par des responsables de l’application des lois sont elles-mêmes accusées d’outrage ou de rébellion envers un représentant de l’autorité. Dans d’autres cas, des personnes qui se sont plaintes d’avoir subi des mauvais traitements sont accusées de diffamation par les agents concernés.»

Riposte. Pour Amnesty, «ces pratiques peuvent exercer une dissuasion très forte sur les personnes qui essaient d’obtenir justice après avoir été témoins ou victimes de violation des droits humains ; elles risquent donc d’aggraver le climat d’impunité actuel». Amnesty ne nie pas la dangerosité du métier de policier qui fait que les fonctionnaires sont exposés «à des risques importants» mais Amnesty s’interroge, exemple à l’appui, sur la proportionnalité de la riposte engagée par les policiers quand ils sont confrontés à des tensions et des situations violentes.

Ainsi Hakim Ajimi est décédé d’une «asphyxie mécanique» le 9 mai 2008 à Grasse (Libération du 11 octobre 2008). Lors de son interpellation, il était maintenu à plat ventre, face contre terre, un policier avec un genou sur son dos, un autre pratiquant une clé d’étranglement. Une fois de plus, Amnesty s’inquiète de cette méthode d’immobilisation qui a déjà valu à la France une condamnation par la justice européenne.

Faute de règle détaillée sur l’utilisation de la force, Amnesty constate qu’en cas d’enquête, le parquet accorde souvent «le bénéfice du doute aux agents de la force publique». Plus largement, les liens entre police et justice poussent l’organisation à s’interroger sur l’impartialité des procédures en cas de dérives policières : «Sur 663 plaintes examinées par l’organe d’inspection de la police en 2005, seules 16 ont conduit à la radiation des agents concernés ; en 2006, seules huit allégations de violence sur 639 ont abouti à une telle radiation. De très nombreuses plaintes déposées contre des agents des forces de l’ordre sont classées sans suite par le parquet avant même d’arriver au tribunal.»

Indépendance. Avec le sens de l’euphémisme, le rapport d’Amnesty note que «l’opinion publique peine à percevoir» justice et police comme «indépendantes, impartiales et justes quand elles traitent les plaintes contre des agents de la force publique». Dans ces conditions, Amnesty International recommande la création d’un organisme indépendant qui «pourrait être une version améliorée» de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (créée en 2000, la CNDS doit«veiller au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité sur le territoire de la République»).

Toute personne devrait pouvoir saisir directement cet organisme qui devrait être habilité à enquêter sur toutes les allégations de violations graves des droits humains formulées contre les forces de l’ordre. Il aurait le pouvoir d’examiner immédiatement les lieux des faits ; de convoquer des témoins et d’ordonner la communication de documents ; de suivre les enquêtes menées par la police. Une recommandation qui ne devrait pas manquer de faire débat dans les commissariats.

www.liberation.fr

lunes, marzo 16, 2009

Murió el cantautor francés Alain Bashung

Afp

París, 15 de marzo. La música y la canción francesa lloraban el domingo el deceso de una de sus figuras más importantes: el cantautor Alain Bashung, fallecido el sábado a los 61 años de edad a raíz de un cáncer de pulmón. "Fue un mago", afirmaba el domingo Jean Louis Aubert, interrogado sobre la muerte de Bashung, una de las figuras del pop-rock francés, conocido por canciones como Gaby, Osez Josephine o Madame Reve. Bashung, con 30 años de carrera, apareció en público el pasado 28 de febrero con sus habituales gafas negras en la ceremonia premiación de las Victorias de la Música, en la que fue galardonado como mejor intérprete del año y por mejor disco y mejor gira.


Vertige de l'amour


La Nuit Je Mens


Osez Joséphine


Madame rêve

martes, marzo 10, 2009

CNRS : les jeunes chercheurs sortent le carton rouge

Ce matin, le Cnrs invitait ses nouveaux embauchés - chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs - à l'hotel Marriot, à Paris. Bilan : les centaines de scientifiques ont sorti leurs cartons rouges pour protester contre la politique gouvernementale d'affaiblissement du Cnrs.

Olivier Roueff (chargé de recherche en sociologie), l'un des jeunes embauchés, a participé cette initiative, née sur un forum de discussion entre jeunes scientifiques. Elle s'est traduite par une prise de parole, un vote massif sur un texte (ci dessous) condamnant la politique, et, geste exceptionnel dans une "maison" où l’on soigne la courtoisie et le tutoiement entre scientifiques, l’absence d'applaudissements à la fin du discours d'accueil du Directeur général du Cnrs, Arnold Migus. En guise de salutation, les jeunes embauchés ont levé des cartons rouges... (voir photo). La journée a été marquée par des débats sur la situation du Cnrs, la politique gouvernementale, avec la participation de Georges Debregeas (physicien) de Sauvons la recherche et de Cyril Catelain, un jeune biologiste mobilisé contre la précarité dans les laboratoires. Le texte de protestation a été voté par 81% des jeunes embauchés.


Lettre ouverte des nouveaux recrutés 2008 au CNRS

Nous, nouveaux recrutés 2008 au CNRS, affirmons avec force notre attachement à cet organisme publicPhoto1 de recherche. Le CNRS a un rayonnement international et il a su garder, par son fonctionnement et sa structure, indépendance et liberté de pensée, dans tous les champs disciplinaires, vis-à-vis des mondes politique et économique.
C’est en grande partie pour ces raisons que le CNRS continue d’attirer des chercheurs du monde entier : nous avons connu de l'intérieur le système français et les systèmes étrangers, et nous avons été soumis à une évaluation permanente ; nous sommes donc bien placés pour apprécier les qualités du CNRS par rapport à ses homologues internationaux.

Au moment où nous devrions nous réjouir d'intégrer cet organisme, nous ne pouvons qu’exprimer publiquement les vives inquiétudes que suscitent à nos yeux les réformes en cours et les profondes modifications structurelles touchant notre organisme. Ces réformes ont pour objectif de transformer un opérateur de recherche reconnu et indépendant en une agence de moyens obéissante, dont les objectifs scientifiques sont définis par les pouvoirs économique et politique. Nous voulons plus particulièrement dénoncer les conséquences de cette évolution qui nous affectent déjà dans notre quotidien.

► Les moyens humains comme financiers ont été réduits drastiquement. L’année 2009 voit une baisse de 25% du recrutement de chercheurs au CNRS et la suppression de 250 postes dans les universités alors que le nombre d’étudiants est en constante augmentation. On assiste au contraire à une précarisation accrue et à la multiplication des CDD, en particulier pour les jeunes chercheurs et les personnels techniques et administratifs.

► Ces CDD et la quasi-totalité des dépenses de recherche sont aujourd’hui financés par les appels d’offre de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche). Ils sont en large majorité à visée technologique et sont renégociables chaque année en fonction du lobbying du moment. Les réformes actuelles donnent ainsi un poids encore jamais atteint au pouvoir politique et aux grandes entreprises dans le pilotage de la recherche. Par ailleurs, le désengagement de l’Etat du financement des Universités (dans le cadre de la loi LRU) les rend plus dépendantes des fonds privés et des collectivités locales.

► La seule augmentation budgétaire pour la recherche est le ‘Crédit Impôt Recherche’, qui consiste à défiscaliser certaines entreprises lorsqu’elles investissent dans leurs départements de recherche et développement, Il n’est soumis à aucune évaluation. Ce « cadeau fiscal » est d’un montant considérable et en forte hausse : de 1.5 milliard d’euros en 2005 à plus de 4 milliards d’euros pour l’année 2009. 80% de ce montant ira aux plus grosses entreprises françaises. Pourquoi une réforme si coûteuse, sans évaluation de son impact?

Ces réformes sont donc dangereuses pour la créativité de la recherche et risquent à terme de faire disparaître des pans entiers de la connaissance, car non «rentable ». L’étude des causes et des conséquences des inégalités sociales ne rapporte pas d’argent. Pour autant, voulons-nous arrêter d’accumuler et de transmettre des connaissances sur ce sujet ? L'informatique ou la génétique ne rapportaient pas d’argent il y a 60 ans. Aurions-nous préféré qu’on ne finance pas la recherche dans ces domaines à l’époque ? S’il faut évaluer les risques associés aux activités d’une entreprise ou d’une collectivité locale, est-ce un chercheur financé, recruté et piloté par celle-ci qui sera le plus impartial et objectif ?

Si nous sommes mobilisés aujourd'hui, ce n'est donc pas pour défendre de quelconques avantages corporatistes. Nous voulons contribuer à l’excellence de la recherche française en intégrant un organisme dont la force et l’indépendance sont reconnues mondialement. Nous avons le désir et la capacité de participer à l’amélioration du fonctionnement du CNRS, mais nous résisterons avec toutes nos forces pour ne pas assister à son enterrement.

www.liberation.fr

jueves, marzo 05, 2009

La crisis, los estallidos sociales y el socialismo


Ángel Guerra Cabrera

La huelga general y manifestaciones callejeras estremecen a Guadalupe y Martinica, departamentos franceses de ultramar, eufemismo que designa a las que han sido dependencias de la metrópoli desde la conquista. Iniciada en Guadalupe (500 mil habitantes) el 20 de enero y en Martinica (400 mil habitantes) el 5 de febrero, los movimientos se organizan en torno a una amplia conjunción de sindicatos y asociaciones ciudadanas en protesta contra la crisis social, agravada por las políticas neoliberales de París. El costo de la vida en las islas es mucho más alto que en Francia y el desempleo altísimo, sobre todo entre los jóvenes. Las protestas exigen un aumento del salario mínimo, la rebaja de los precios de la canasta básica y de los servicios, derecho al trabajo, a la educación y la salud, pero tras semanas de dilatadas negociaciones con las autoridades y de renuencia de los patronos a ceder, han tomado ya un cariz político. Afloran el sentimiento de independencia y la disputa por el poder político entre la mayoría de la población de origen africano y los llamados béké, exigua minoría blanca descendiente de franceses que controla la economía y el gobierno desde la época colonial. Si a veces suele olvidarse en América Latina que Haití es fundador de la lucha por nuestra primera independencia, con más frecuencia ocurre respecto a Guadalupe y Martinica como parte de la historia y cultura que nos une. Allí, aunque aplastados en sus comienzos, se produjeron grandes levantamientos de esclavos a finales del siglo XVIII, al unísono que en Haití. Ambos territorios poseen también una fecunda historia de luchas obreras y sociales desde el siglo XX. El malestar se ha extendido a las otras dependencias francesas: Guayana, en Sudamérica, y la isla Reunión, cercana a la costa africana del Pacífico sur, donde está convocada la huelga para el 5 de marzo.

Los movimientos guadalupano y martiniqués pueden servir de valiosa experiencia en muchos sentidos a la nueva generación de levantamientos sociales detonados por el monumental trastorno económico iniciado en Estados Unidos. Varios autores respetables concuerdan en que no se trata de otra recesión cíclica y pasajera de la economía capitalista. Es un fenómeno mucho más complejo, de larga e imprevisible duración, una auténtica quiebra civilizatoria impulsada por las crisis financiera, económica, alimentaria, energética, militar, medioambiental, institucional y de valores, que interactúan y se retroalimentan entre sí, multiplicándose, extendiéndose y complicándose sucesivamente. Como correlato, se vaticina la pérdida de decenas de millones de puestos de trabajo, millones de familias sin hogar, hambrunas severas, derrumbe de las economías de muchos países del tercer mundo y postración de segmentos importantes de la población de los países desarrollados. Este desastroso costo social y la tendencia de la mayoría de los gobiernos y de la maquinaria mediática a no reconocer la gravedad del fenómeno mientras rescatan a los más ricos en detrimento de sus empobrecidas poblaciones, conduce a una crisis de confianza en las instituciones que llevará a la ingobernabilidad y a inevitables estallidos sociales de gran envergadura. Estos no podrán controlarse por los clásicos procedimientos antimotines y no será extraño que rebasen a las fuerzas armadas, pero si no existen en las sociedades, como en Guadalupe y Martinica, fuerzas capaces de dotarlos de una organización, un programa y una orientación política popular, pueden evolucionar hacia la derecha e incluso hacia modalidades del fascismo o ser muy vulnerables.

La amenaza de violencia parecería inevitable en muchos casos, ya sea fruto de la desesperación o de la necesidad de las masas, de la represión o de eventuales conflictos entre estados por causas económicas, pero donde existan movimientos populares con organización y claridad de propósitos es más probable que pueda ser conjurada, o al menos encausada a los objetivos del progreso social. En América Latina se ha demostrado en la última década que las demandas populares pueden articularse en movimientos sociales que luchan por vía política, logran acceder al gobierno mediante elecciones y desde allí comienzan procesos constituyentes de orientación socialista. El socialismo renovado, sostenido desde abajo, es lo único que puede salvar a la humanidad de la debacle que viene.

lunes, octubre 13, 2008

Balzac: malos negocios y buenas novelas

Alejandro Michelena

Ganó muchísimo dinero con sus libros. La endiablada tendencia a dilapidarlo en negocios imposibles lo mantenía en tensión permanente, aumentando su productividad. Es clásica la imagen de Honorato de Balzac en robe de chambre, sentado ante su mesa de trabajo en la alta noche, ante los papeles en los que escribe sin pausa, y muy cerca la cafetera legendaria... Porque las decenas de cafés consumidos a través de las horas le permitían una labor constante y lúcida. Así es como podía entregar, en tiempo y forma, los capítulos que el editor del periódico de turno y los lectores esperaban ansiosos.

En aquellos tiempos sin televisión ni cine, sin radio ni internet, los grandes diarios abarcaban todas las temáticas, y en medio de tal variedad se publicaban habitualmente las novelas por entregas. La popularidad de aquellos folletines llegó a tal punto que uno de ellos, Los misterios de París, de Eugenio Sue, debió cambiar el rumbo de su argumento a cierta altura por presión de cartas de miles de lectores.

INDUDABLE PRECURSOR

Balzac está considerado el máximo exponente de la novela realista. Dotado de un minucioso poder de observación y una fuerte capacidad descriptiva, delineó personajes inolvidables como Eugenia Grandet y Papá Goriot. A su prolífica pluma se debe la recreación certera de lo que fue la peripecia de las clases media y baja en la Francia posterior a la Restauración , la del ascenso reafirmativo del capitalismo.

Se ha sostenido –con razón– que se puede llegar a conocer mejor ese período leyendo las novelas de Balzac que en los libros de historia. Además, las obras de este escritor son un documento ineludible para el conocimiento de las costumbres, la mentalidad y el imaginario de aquellos parisienses de las tercera y cuarta décadas del siglo xix . Y nada menos que un pensador como Carlos Marx encontró en la saga narrativa balzaciana la más impecable –e implacable– crítica del ascenso burgués.

Balzac era de convicciones monárquicas y, hasta cierto punto, nostálgico del ancien régime. Sin embargo, su literatura refleja ideas de progreso. Estas aparentes paradojas se han dado a menudo en la historia estética moderna.

El escritor iba a reunir, en 1842, su ya extensa producción novelística bajo el título general La comedia humana –en directa alusión a la dantesca y “divina”–, dividiéndola en áreas temáticas. Honrato de Balzac continúa hoy, en su vasta obra, más vigente que muchos otros autores que brillaron con intensidad en el correr del siglo XIX.

lunes, julio 14, 2008

Vive la France!

Noir Désir - Le vent nous portera



Mickey 3d - La mort du peuple


Louise Attaque - J't'emmène au vent


Paganella - Leader

sábado, julio 05, 2008

La memoria sentimental del siglo XX

Los grandes cantautores franceses fueron poetas libres, tiernos y contestatarios.

C. GALILEA

Jacques Brel

Viaje a la libertad

Era belga como Tintín. Se fue hace treinta años aunque ya había abandonado los escenarios en 1967. Compró un velero para surcar los mares cálidos con su última compañera, viaje iniciático de quien se sabía ya enfermo de cáncer. Y halló la libertad en las Marquesas, esas islas donde "el mar se rasga y el tiempo se inmoviliza", y donde él descansa cerca de la tumba de Gauguin. Contradictorio -"sólo los imbéciles no cambian nunca de opinión"-, Brel despreció a los burgueses, asustó a las beatas, lloró por sus amigos, se enfadó con los flamencos... Supo retratar las miserias, miedos y maldades del ser humano con una lucidez perturbadora y una delicada ternura: Ne me quitte pas -"un hombre no debería cantar esas cosas", llegó a decir Piaf-, La valse à mille temps, Quand on n'a que l'amour, Le plat pays...

Serge Gainsbourg

El feo más 'sexy'

Decía: con mi careto no voy a hacer de crooner así que voy a provocar. Solitario y misógino, de su brazo andaban las mujeres más deseadas de París, y sus canciones -un patchwork de sonidos inteligentemente reciclados- las grabaron desde Brigitte Bardot, Isabelle Adjani o Catherine Deneuve hasta Vanessa Paradis, France Gall (la eurovisiva -1965- Poupée de cire, poupée de son) o Françoise Hardy. Envuelto en el humo de sus Gitanes, Gainsbourg era el personaje seductor, dandi cínico y desengañado, que fue creando Lucien Ginzburg, hijo de rusos judíos. Recibió amenazas de militares cuando puso ritmo de reggae a La Marsellesa y levantó ampollas al grabar Lemon incest con su hija Charlotte. Antes ya había escandalizado con Je t'aime, moi non plus a dúo con Jane Birkin. Murió con 62 años en su piso de la calle de Verneuil.


Georges Brassens

Un hombre libre

En su pasaporte, como profesión, ponía "hombre de letras". Sólo voz, guitarra y contrabajo: para no distraer de la palabra. Decía mierda o puta, con crudeza y ternura, porque la obra del autor de La mauvaise réputation o Chanson pour l'Auvergnat es un canto contra la autoridad, una denuncia del puritanismo y la falsedad. Hace dos años, a los 25 de su muerte, se editaron Elle est à toi cette chanson -su obra de estudio en 15 discos- y Oeuvres complètes -las letras de todas sus canciones-. Ya hay más de 50 libros sobre Brassens, que da nombre a calles, parques, escuelas o bibliotecas de más de 500 poblaciones de Francia. Hombre libre, no le importaron dinero ni honores: quiso ser invisible para los poderosos. Está enterrado en Sète, su ciudad natal, en el cementerio conocido como "de los pobres".


Juliette Gréco

La musa existencialista

Uno de los grandes mitos de la canción francesa: musa del Saint-Germain-des-Près de los existencialistas, en el que ella cantaba Si tu t'imagines o Je hais les dimanches. Aquella joven delgada, de ojos oscuros y profundos, y rostro muy pálido, cuyos largos jerséis y pantalones negros inspiraron entonces a tantas chicas, representaba el personaje de la mujer que asume su libertad, distante, provocadora, misteriosa... Juliette Gréco (Montpellier, 1927), que a mediados de los años sesenta aterrorizó a los telespectadores franceses paseando de noche como un fantasma por los pasillos del Museo del Louvre, logró ser popular a través de un repertorio refinado escrito por Prévert y Kosma, Vian, Ferré, Brel, Sagan, Gainsbourg, Desnos, Queneau

... La Gréco actuó también en obras de teatro y películas de Jean Renoir, Otto Preminger o John Huston.

Léo Ferré

Coraz
ón anarquista

El autor de canciones tan hermosas e intensas como Avec le temps musicó a Rimbaud y Baudelaire, dirigió obras de Ravel o Beethoven, deseó a los hombres no tener dios ni amo y cantó Franco, la muerte. Manuel Vázquez Montalbán escribió que fue uno de los cantautores que han contribuido a hacer de la canción popular la huella moral y sentimental del siglo XX. Verbo ácido y ojos bondadosos, la anarquía era una forma de vida y él la hacía rimar con amor. "No llegan al uno por ciento y sin embargo existen / la mayoría, españoles, vaya usted a saber por qué" (Les anarchistes). El viejo luchador se había refugiado desde los años setenta en las colinas de la Toscana, en las que hacía su vino y su aceite de oliva, hasta su muerte, en julio de 1993.

Françoise Hardy

Cantante modelo

Tenía 18 años cuando grabó Tous les garçons et les filles. Era el verano de 1962 y miles de adolescentes europeas se identificaban con la belleza tímida de Françoise y aquellas suaves canciones sentimentales, algunas de las cuales había escrito ella misma. Muchos la consideran hoy la figura femenina del pop francés. Su rostro delicado y su figura delgada ocupaban las principales revistas y llevó las creaciones de los más famosos diseñadores franceses: Courrèges, Paco Rabanne o Yves Saint Laurent. El año pasado se publicó la caja 100 chansons, resumen de más de cuarenta años de carrera y cinco millones de discos vendidos. En los 12 dúos de su compacto Parenthèses, esta mujer que se deja ver más bien poco -desde que existe, aspira a desaparecer, escribieron en Le Monde- ha grabado con Jacques y Thomas Dutronc, marido e hijo.

Edith Piaf

La Môme

La actriz Marion Cotillard se llevó el oscar por su interpretación de Piaf en La vida en rosa. El guión tenía los ingredientes que interesan a Hollywood: honores y fastos, decadencia y resurrección, amores desgraciados, muertes violentas... La vida de una pequeña mujer que nació el 19 de diciembre de 1915, según la leyenda, en una acera de París, y que pasó hambre y sufrió miserias antes de convertirse en un mito de la canción. El alma de la calle. "No sería Edith Piaf si no hubiera vivido todo eso", llegó a decir. Difícil no emocionarse cuando canta con su voz única Hymne à l'amour o Non, je ne regrette rien. Lo escribió Jean Cocteau: "Cada vez que canta, parece que se arranca su alma por última vez". El 14 de octubre de 1963 fue enterrada en el Père Lachaise.

Claude Nougaro

Alma de 'swing'

Unía la canción francesa al jazz (Le jazz et la java, Nougayork...), que descubrió con 12 años en la radio tras haberse educado con Puccini, Massenet y Fauré. Hombre de escenario, era capaz de hacer que el francés tuviera swing. Amaba las palabras y su ritmo: se definía como "motsicien". Jazz, Brasil y África, ya fuese acompañado por metales de Nueva Orleans, músicos de Nueva York, el piano de Maurice Vander o el acordeón de Richard Galliano. Hijo de un cantante de ópera y de una profesora de piano, Nougaro era del sur -había nacido en Toulouse en 1929- y nunca renegó de sus raíces. Cantaba C'est une Garonne evocando las aguas que cruzan su ciudad: "Mi mar Egeo / es este río liso / del que soy el Ulises / sin exagerar". Falleció en marzo de 2004, con 74 años.

lunes, mayo 26, 2008

Palma de Oro a la nueva Francia

'Entre les murs', metáfora de un país mestizo, gana en Cannes por unanimidad

CARLOS BOYERO

El presidente del jurado, ese actor intenso y magnético llamado Sean Penn, alguien que siempre ha utilizado su condición de intocable estrella del cine para no cortarse la lengua, para dar sus arriesgadas e impopulares opiniones sobre el estado de las cosas, algo normal, pero que en Estados Unidos puede llevar el estigma del pensamiento radical, ha repetido a lo largo del Festival de Cannes que el cine debe de estar conectado con la vida y hablar de la realidad. También que había que huir del modelo y de los rituales que suponen los Oscar. Lo segundo lo entiendo un poco menos, viniendo de alguien que ha logrado varias nominaciones y que mostró su comprensible felicidad cuando se lo concedieron por su magnífico trabajo en Mystic river.

Fiel a esos selectivos principios y con la presumible solidaridad de la concienciada gente que le acompañaba en el jurado, han concedido la anhelada Palma de Oro a Entre les murs, una película empeñada en reproducir la vida sin adulterarla, en describir con conocimiento, respeto y sentimiento los conflictos que provoca intentar educar y enseñar, las tensiones de todo tipo que laten en un colegio multirracial y con mayoría de inmigrantes, el retrato de las preocupaciones prioritarias de los adolescentes alumnos, la táctica de un profesor joven y humanista para ser escuchado y respetado por chavales que sienten instintivo enfrentamiento con cualquier forma de autoridad. El director Laurent Cantet aborda Entre les murs con vocación de documentalista, sin forzar el dramatismo ni encontrar soluciones definitivas, utilizando sabiamente a gente que no está interpretando, que se limita a ser como es, sin ir de listo ni de moralista. Y lo que muestra es emotivo y duro, cotidiano y cercano. Ofrece sensación de verdad, de haber captado con inteligencia y sensibilidad los claroscuros de la vida, de saber de lo que habla, de huir del énfasis y la adulteración. Bertrand Tavernier había utilizado un tono parecido para hablar de un universo similar en la hermosa Hoy empieza todo. Como él, Laurent Cantet también demuestra con Entre les murs que el arte no está reñido con lo didáctico, que el retrato sociológico puede ser conmovedor. Es una película tan hermosa como necesaria, un soplo de autenticidad y de frescura, una justificada Palma de Oro.


El Gran Premio del Jurado a Gomorra también apuesta por el realismo. En este caso, hablando con espeluznantes datos de un mundo siniestro que sólo obedece sus propias leyes. Es el Nápoles regido por la Camorra, la descripción del vasallaje que impone, la imposibilidad de escapar de su influencia, la corrupción y la violencia como cotidiana forma de relación, su imperio feudal en todas las facetas de la economía, sus ramificaciones en todo tipo de negocios legalizados o subterráneos. El director Mateo Garrone nos impacta sin necesidad de recurrir al efectismo. El cine italiano ha recurrido muchas veces a esta temática sórdida, pero aunque estemos familiarizados con ella, el director Mateo Garrone consigue seguir impresionando con ella, con la ausencia de soluciones ante un poder ancestral, feudal y letal.

Han considerado que el director turco Nuri Bilge Ceylan ha sido el mejor en esta edición, algo que sólo se puede tomar como una broma de dudoso gusto cuando está compitiendo con alguien llamado Clint Eastwood, un clásico que ya no tiene que exponer en concursos a sus magistrales criaturas. Es un disparate que hayan dejado sin ningún galardón a Changeling, otra impagable mirada de Eastwood a los monstruos que se ceban con los niños. Lo hace con magisterio y profundidad, con una forma de contar y matizar las cosas más perturbadoras con elaborada sencillez, algo que sólo está al alcance de los grandes.

Bilge Ceylan posee estilo visual y atmósfera, pero también tendencia a recrearse en lo plúmbeo, en la morosidad psicológica, en planos interminables que intentan retratar tormentos y compulsiones internas. Los tres monos mantiene esa tediosa estética describiendo las tensiones y los engaños entre una familia a punto de descomposición. Para entendernos: es el tipo de creador espeso o hermético por el que sienten veneración los festivales. Algo que también comparten los hermanos Dardenne.

Consecuentemente, no se han ido de vacío en su prestigioso gueto, aunque está vez sólo puedan consolarse con el premio al mejor guión. En El silencio de Lorna siguen empeñados en reconstruir tragedias actuales con estilo seco. Aquí, la de los inmigrantes eslavos que son explotados por las mafias a en su sueño de conseguir la nacionalidad en el país al que les ha conducido su desesperación. También pretenden hacer notaría de la realidad, pero en su faceta exclusivamente deprimente, con personajes acorralados que te dejan indiferente, todo lo contrario que Laurent Cantet.

Había pocas dudas de que el premio al mejor actor le iba a caer a Benicio del Toro. No por razones de amiguismo (sus jueces Sean Penn y Natalie Portman también son sus colegas), sino por insostenible lógica. La creación que hace del Che Guevara es memorable, sobria y sentida, perfecta en gesto, voz y presencia. Pero no era previsible que le otorgaran el premio a la mejor actriz a la brasileña Sandra Corveloni, una mujer que nunca se había puesto delante de la cámara. Es espontánea, es creíble, es expresiva, no está contaminada.

Ha sido un Cannes notable, para todos los gustos. Pueden elegir lo mejor. Esta vez lo han hecho.

lunes, mayo 05, 2008

El año en que Sarkozy pasó del cielo al infierno

El presidente francés está en caída libre, pese al 'efecto Carla'

J. M. MARTÍ FONT

Nicolas Sarkozy cumple mañana un año desde que fue elegido presidente de Francia con un 53% de los votos frente a la socialista Ségolène Royal. El balance: éxito en lo privado, aunque sólo en la última etapa; y en lo público, caída libre. La noche del triunfo, la que entonces era su esposa, Cécilia Ciganer, que ni se había molestado en ir a votar por su marido, fue la encargada de organizar una cena para un público en cuya selección ella tuvo mucho que ver, en uno de los restaurantes más lujosos de París: Fouquet's, en un palacete de los Campos Elíseos. Más que a políticos y personalidades de la vida pública, reunió a ricos millonarios del estilo de Arnaud Lagardère y Vincent Bolloré, junto a estrellas de la farándula como Johnny Hallyday. Era el anticipo del estilo ostentoso que llegaba al palacio del Elíseo.



Los franceses, incluso los que no le votaron, se rindieron a sus pies, hipnotizados por la hiperactividad de un personaje de quien esperaban milagros, incluidos los que había prometido durante su campaña: más dinero. Dicho políticamente, un aumento del poder adquisitivo. Durante la primavera y el verano de 2007 su popularidad creció como la espuma alcanzando cotas desconocidas, que en el mes de septiembre rozaban el 70%.

Pero acabó el verano y llegaron las rebajas. Desde entonces está en caída libre; su imagen, lastrada por la exhibición de su vida privada, está hecha añicos. El pasado 28 de abril batía todos los récords de impopularidad de un presidente francés en su primer año en el poder: el sondeo del instituto BVA le daba tan sólo un 32% de opiniones favorables, una caída de ocho puntos en un mes. Un 65% de los franceses considera que no ha cumplido sus promesas de la campaña electoral; un 50%, que es poco creíble; un 48%, que la situación económica se ha deteriorado con él; un 80%, que "habló demasiado" de su vida privada al comienzo de su mandato. De nada había servido su intento, el 24 de abril, de reconocer humildemente sus errores durante 90 minutos en televisión.

Las semillas del desplome ya estaban plantadas cuando llegó al Elíseo. Acabada la campaña electoral, el desamor que le profesaba Cécilia se hizo insoportablemente evidente. Durante el verano sucedieron dos cosas: en lo personal, su esposa quería el divorcio para volver con su amante, Richard Attias. En lo político, comenzaba a estallar la crisis financiera. El panorama económico echaba abajo todos los cálculos que su equipo había hecho para impulsar el crecimiento en Francia. El problema de su vida privada le explotó en las manos cuando, forzado y a regañadientes, aceptó en octubre concederle el divorcio a Cécilia. El problema económico encendió la espiral del descontento popular.

Los sindicatos, crecidos, decidieron plantar cara a la reforma de las pensiones especiales, esos privilegios de un colectivo de funcionarios entre los que están los trabajadores del transporte público. Fue la señal para que cualquier grupo o gremio mínimamente afectado por un cambio se cerrara a cualquier reforma. Sarkozy, maestro en manipular los medios de comunicación, intentó entonces crear cortinas de humo mostrando su vida privada, lo que le sirvió también para reivindicar su hombría malherida tras el divorcio. Los franceses descubrieron a la nueva novia del presidente, Carla Bruni, la top-model reconvertida en cantante.

Y entró en una deriva de adolescente inseguro. Las imágenes de la pareja viajando por Egipto y Jordania, sus gafas de sol estilo aviador y sus relojes Rolex configuraron una exhibición de poder y dinero que se desparramó por los medios de comunicación, rompiendo definitivamente el molde de la función presidencial.

La deriva de Sarkozy fue en paralelo a la comprobación por los franceses de que su situación empeoraba. Tres episodios fueron decisivos: por dos veces insultó a ciudadanos que le provocaban, sin calcular que las imágenes se expanden por Internet a la velocidad de la luz. "Baja aquí si eres hombre", le contestó a un pescador que le había gritado: "¡Que te den por el culo!". "Ábrete, capullo", le soltó a un ciudadano que se negaba a saludarle. Por el contrario, permitió a Muammar el Gaddafi que se paseara a sus anchas por París, lo cual fue percibido como una humillación.



Los psicoanalistas explican en la radio y la televisión que el problema del jefe del Estado es que su objetivo nunca ha sido otro que alcanzar el poder y que, una vez conseguido, no sabe lo que hacer con él. Otros señalan que el dinero es su valor central, y que eso explica su debilidad por los ricos y el exhibicionismo.

¿Ha tocado fondo? Uno de sus consejeros asegura: "Ha comprendido por fin que es él quien debe adaptarse a la condición presidencial y no a la inversa". Otras fuentes aseguran que Bruni tiene mucho que ver en ello. Ahora, si hay viajes, son secretos, salvo los oficiales. Cuentan que hace dos semanas, en la Comédie Française, cuando los tres timbrazos avisaban del comienzo de la representación, una pareja ocupó silenciosamente sus asientos de primera fila. Sólo sus vecinos se dieron cuenta de que eran el presidente y su esposa. Cuando acabó la representación, la pareja salió tan discretamente como había llegado. Los observadores del Elíseo llaman a esto el efecto Carla.


martes, marzo 18, 2008

Sarkozy hunde a la derecha

La impopularidad del presidente francés pasa factura a la UMP en las municipales - Los socialistas ganan Toulouse y Estrasburgo y los conservadores mantienen Marsella

J.M. MARTÍ FONT

La izquierda francesa salió ayer ampliamente vencedora de la segunda vuelta de las elecciones municipales francesas. La impopularidad del presidente Nicolas Sarkozy contribuyó a esta revancha. El Partido Socialista (PS) recuperó 30 de las 40 ciudades de más de 30.000 habitantes que perdió en 2001, entre las que figuran Toulouse y Estrasburgo, pero no consiguió hacerse con el premio gordo: Marsella. Por muy poco, el gran puerto mediterráneo seguirá en poder del actual alcalde conservador Jean-Claude Gaudin. Aún más ajustada ha sido la derrota del líder centrista François Bayrou, que perdió en Pau frente a la candidata socialista Martine Lignières-Cassou por menos de 200 votos.

En el cómputo global, el PS y sus aliados obtendrían un 49,5% de los votos frente a 47,5% para la derecha, según la encuesta de CSA. Más revelador es el resultado de las elecciones cantonales, en las que el PS obtendría un 51% frente al 44% de la Unión por un Movimiento Popular (UMP). A diferencia de las municipales, donde prima la personalidad del alcalde o el cabeza de lista, en las cantonales se impone la pertenencia partidista, lo que da un retrato más preciso de la tendencia general.

La abstención, que se situó en torno al 35%, fue uno de los elementos más determinantes de la jornada y el argumento que anoche repetían los políticos de la derecha gubernamental para quitarle hierro a la victoria de la izquierda.

Lyon ya estaba en el zurrón de la izquierda desde la primera vuelta, como Burdeos en el de la derecha. Pero ayer Toulouse, Estrasburgo, Caen, Périgueux, Reims, Amiens, Metz, Saint-Etienne y Angers cayeron por amplia diferencia en manos socialistas. Martine Aubry se mantuvo en Lille con un triunfo holgado. Y como se esperaba, Bertrand Delanoë conservó París con un resultado espectacular, 57,7% de los votos, aunque no consiguió desplazar a la derecha del distrito V, donde el ex alcalde Jean Tiberi resistió por los pelos, ni del VII, que se quedó en manos de la ministra de Justicia, Rachida Dati.

Entre los damnificados, además de Bayrou, se encuentra el ministro de Educación Xavier Darcos, cuyo nombre sonaba incluso como futuro primer ministro, pero perdió la alcaldía de Périgueux. También cayó su predecesor en este ministerio, Gilles de Robien, en Amiens. En la localidad alsaciana de Mulhouse, el alcalde Jean Marie Bockel, uno de los socialistas que aceptó entrar en el Gobierno conservador pese al negativo efecto Sarkozy, se perfilaba como ganador por un margen muy escaso.

Desde las filas gubernamentales, la consigna entre quienes anoche se paseaban por la ronda de las televisiones era minimizar el impacto político de estos comicios y hacer hincapié en la escasa participación. El primer ministro François Fillon matizaba: "En 2001 ganamos muchas ciudades, hoy la izquierda ha restablecido parcialmente la situación, pero no hay que sacar conclusiones nacionales de este escrutinio; la escasa participación no permite extrapolar", dijo. Ségolène Royal fue la primera en pronunciarse desde las filas socialistas y reivindicar "el triunfo de la izquierda". Insistió en que se trata de "un voto de sanción" a un Gobierno "estropeado", incapaz de asegurar el nivel de vida de los franceses. "Tenemos que transformar este voto de sanción en voto de futuro, y acabar con el desorden de la gestión del Gobierno".

François Hollande, el auténtico vencedor de estas elecciones en su condición de primer secretario del PS, arremetió contra la política gubernamental y señaló que con su voto los franceses han mandado un mensaje al Gobierno. "El presidente aseguró que escucharía el mensaje. Tiene que corregir la política que ha hecho, empezando por no haber sabido aumentar el poder adquisitivo de los franceses", dijo.

Bayrou, que había conseguido protagonizar esta segunda vuelta pactando a derecha e izquierda con los votos del MoDem, se apresuró a justificar su derrota acusando al tercer candidato, Yves Urieta, el ex socialista que se presentaba en las filas gubernamentales, de haber falseado los comicios con su presencia en la segunda vuelta. "Habrá otros combates, habrá otras batallas y habrá otras victorias", dijo a sus seguidores.

Al margen de su propia derrota, la estrategia del líder centrista Bayrou ha tenido un cierto éxito. Con una presencia en las grandes ciudades de entre el 6% y el 7% en la primera vuelta, gracias a los pactos, ha conseguido disponer de una base de cargos electos con los que construir las bases para que el MoDem sea un partido real.

La importante abstención, que probablemente afectó más a los candidatos de la UMP que a los de la izquierda, muestra, por un lado, el cansancio de los franceses tras un año 2006 intenso en el que la participación en las presidenciales y legislativas rozó un récord histórico de más del 85%. Muestra también que tan sólo una parte del voto popular que se llevó Sarkozy el año pasado ha vuelto a la izquierda. El resto ha optado por quedarse en casa para sancionar al presidente sin beneficiar a la izquierda.

lunes, enero 28, 2008

Francia: la 'pipolización'

Carlos Fuentes

Francia se cuestiona. La nación se asombra. El país se desconcierta. ¿Qué es la pipolización? ¿Una moda? ¿Una plaga? ¿Un hecho pasajero? ¿Un nuevo determinante de la vida política y social? La palabra misma es una galificación de la palabra inglesa "people", la "gente" en general pero más específicamente, quienes aparecen en la revista People dedicada a celebrar, escrutinar y a veces censurar a las "celebridades" del entretenimiento, la moda, el deporte en general, los favorecidos de la fortuna. Rara vez, las figuras políticas. En otras épocas, esta categoría se llamó el jet-set, la café society, en México la gente popof. La entrada a lo que Somerset Maugham llamó "nuestro grupo" requería belleza, elegancia, y dinero con o sin elegancia y belleza. Rara vez, los políticos aparecían dentro de este "círculo encantado", salvo los Kennedy y muy tangencialmente, los jefes de estado por poder y las familias reales por falta de poder.

Francia, en particular, ha distanciado a sus gobernantes de la frivolidad y la farándula privilegiando la formalidad. En un célebre debate electoral de 1988 entre el entonces presidente, Francois Mitterrand, y su opositor Jacques Chirac, candidato a la presidencia pero también primer ministro en el régimen de cohabitación, Chirac le pidió a Mitterrand: -Seamos menos formales. No me trate de primer ministro y yo no lo trataré de señor presidente. Aligeremos el debate. Usted es Francois Mitterrand y yo soy Jacques Chirac.

A lo que Mitterrand, el más zorro de todos los zorros, contestó: -Tiene usted toda la razón, señor primer ministro.

En la Quinta República, el formalismo político francés se presentaba, con ritmos diversos, como una herencia de la autoridad estatal que Francia, antes que cualquier otro país europeo, conquistó desde la creación del servicio civil por Felipe Augusto en 1180, formando una burocracia estatal de funcionarios burgueses, tendencia extendida por Mazarino bajo la regencia de Ana de Austria (1643-1661) y consolidada por Colbert durante el reinado del "Rey sol", Luis XIV: el estado soy yo.

El estatismo francés sobrevivió a la revolución de 1789, al régimen bonapartista y a las guerras -victoriosas o perdidas- de los siglos XIX y XX. El estado francés se reclutó entre los alumnos de "las grandes escuelas" y rarísima vez entre la clase obrera, verdadero contrapoder de la Francia industrial. El estado encuentra élites, forma élites, las recupera.

La humillación de Francia por Hitler en 1940 obligó a De Gaulle a rechazar la derrota, conducir el movimiento de la Francia Libre y, al cabo, inaugurar la Quinta República con una mezcla de brío imperial, cazurronería política y fe en el destino de la nación ("la particularidad francesa") fácil de caricaturizar.

De Gaulle ante el consejo de ministros: -He decidido arrojar la bomba atómica sobre Moscú.

Un ministro: ¡Dios mío!

De Gaulle: No exageremos.

Quiero decir que la dignidad cuasi-imperial de la presidencia francesa ha sido cultivada y protegida por los sucesores del general con grados diversos de éxito. El mayor fue el de Mitterrand, presidente durante catorce años, a partir de 1981 y después de dos derrotas electorales en 1965 y en 1974. La dignidad presidencial de Mitterrand no era, sino en parte, asunto de tradición. Lo era, sobre todo, de inteligencia. Hombre soberanamente inteligente, Mitterrand, además, era hombre cultivado, buen escritor y encarnación de las virtudes maquiavélicas: la voluntad, la necesidad y la fortuna. Era un verdadero hombre de estado y su vida personal -su enfermedad, su casa chica, su hija fuera de matrimonio- pertenecían (y allí se quedaron) a su vida privada.

Es esta la tradición con la que, ruidosamente, ha roto Nicolás Sarkozy. El nuevo presidente exhibe en público su vida privada. Las tensiones con su mujer, Cecilia, culminan en el divorcio. La señora parece acusar a su ex-marido de tacaño, egoísta, mal esposo, y mal padre. Sarkozy se lía con una mujer bella y vivida, Carla Bruni, top model que hace gala de ser polígama. Los dos se conocen en Disneylandia y se embarcan en giras por el Mediterráneo seguidos por ejércitos de periodistas y fotógrafos. Sarkozy y Bruni ingresan de lleno a la "pipolización". La presidencia discreta, lejana, intocable, ha muerto. En Egipto, a Napoleón lo contemplaron cuatro siglos. En Egipto, a Sarkozy, lo retratan cuatrocientos fotógrafos.


II

Bruno Le Maire ha escrito un libro titulado Des hommes d'État (Hombres de Estado) protagonizado por el presidente Jacques Chirac, el ministro del interior y luego primer ministro Dominique de Villepin y el ministro del interior y al cabo presidente de la república Nicolás Sarkozy. El autor fue consejero y director de gabinete de Villepin, de manera que se esfuerza por equilibrar el retrato que hace de los tres protagonistas. Es explicable que, a pesar de todo, sus simpatías se inclinen hacia Villepin. Resulta claro que su semblanza de Chirac oscila entre la admiración hacia el viejo político experimentado, astuto y mal-hablado, y la constatación de que el presidente es un hombre cansado, enfermo y dado a bostezar, pero capaz aun de imponerse tanto por su conocimiento de la agenda interior como de la internacional. Personaje "intuitivo, autoritario, persuasivo e inquieto", Chirac supera sus debilidades avanzando siempre, sin complejos, provocando, proclamando.

La sintonía de Chirac con Villepin se dio sobre todo en política exterior. La línea independiente frente a la ceguera unilateralista de Bush fue defendida con brillo y con brío por Villepin en la ONU: "Si sistemáticamente la fuerza se impone al derecho... entonces los factores de desorden saldrán fortalecidos... Sólo el respeto a la ley da legitimidad a la fuerza y fuerza a la legitimidad".

Es esta la política que Villepin le explica a Sarkozy como deber ético y pragmático de Francia: no darle apoyo incondicional a la diplomacia norteamericana. Es sólo uno de muchos intercambios entre los dos funcionarios estrella del gabinete a la luz de la sucesión presidencial. Evento plagado de problemas porque, como advierte Villepin, "lo más difícil en política es irse con dignidad" -receta que, al cabo, debe aplicarse a sí mismo. Pero es característica de un presidente la ceguera acerca de su propia sucesión.

Chirac, en espera de un ocaso que quisiera retrasar, recomienda a sus allegados: "No se ocupen de Sarkozy. Es un hombre imposible de dominar. La mejor manera de dominarlo es no hacerle caso". El núcleo duro del libro de Le Maire es la rivalidad mortal entre Villepin y Sarkozy, "dos rivales ligados por el odio, el miedo, la admiración y el respeto". La pavana que ambos bailan es primero una "lucha verbal, brillante, asesina y amarga", en la que Villepin lleva todas las de perder. En el fondo, sin antecedentes electorales, sabe que no basta una brillante carrera burocrática para ser candidato. Acaso su enfrentamiento a Sarkozy es un deber. El de limitar a un político que fluctúa entre la autocompasión ("Estoy solo. Me hice solo. Seguiré solo.") y la auto-exaltación ("Soy libre. Sólo yo soy libre").

Villepin, el intelectual, el historiador, el hombre de cultura, confronta a un Sarkozy que se dice movido por el instinto. "No soy intelectual. Soy animal". El choque entre ambos será inevitable: todo es querella entre ellos. No hay terreno de acuerdo entre dos políticos que sólo quieren el enfrentamiento, "que viven en la tormenta y se sienten, cada uno, depositarios de convicciones que los trascienden".

La convicción de Villepin es la tradición.

La convicción de Sarkozy es el cambio.

Y Le Maire se pregunta: "¿cómo pueden dos hombres que se han prometido una admiración real, ceder, poco a poco, bajo el peso de los acontecimientos... al odio?"


III

Provocador, brillante y seductor, Nicolás Sarkozy insulta a Villepin cuando le propone al primer ministro ser su "patiño": mero presentador de Sarkozy en la Asamblea del partido Golista, UMP, Villepin le advierte a Sarkozy: "No acabes en el papel del buitre" Sarkozy gana la elección en mayo del 2007, habiendo declarado que con su victoria, desaparecerán "los pilares del mundo antiguo", es decir, las élites que mencioné al principio de este artículo.

Ahora, Sarkozy se enfrenta a la dura prueba de un país con antiguas y sólidas tradiciones que, acaso, no tolere el exhibicionismo y la frivolidad del Presidente de la República. Pero la república misma ha cambiado y se pregunta si el viejo estado nacional francés ya no es sino el árbitro entre el interés público y el interés privado y si éste, el mundo privado, no es ya un mundo público que, por vía de la globalización, se le impone por arriba al estado mientras que, por debajo, una ciudadanía inteligente, educada y alerta asume la vigilancia abandonada por una oposición de izquierda peleonera, fracturada, más enemiga de sí misma que del gobierno.

Sea como sea, la agenda pendiente de Francia está a la vista. El desempleo ha sido y sigue siendo la plaga de la economía francesa. ¿En qué condiciones entrarán los jóvenes al mercado de trabajo? ¿A qué edad y en qué condiciones debe jubilarse un trabajador? ¿Cómo establecer con equidad y oportunidad el horario semanal de trabajo? ¿Cómo dinamizar la función pública, al empresariado y al trabajador en la era global? ¿Cómo conciliar crecimiento y justicia? ¿Cómo ajustar el progreso social a la economía global? Previsión social. Política de familia. Consenso de clases e intereses gracias a la mediación del estado.

Estas -y muchas más- son cuestiones que el gobierno de Sarkozy no podrá evadir, so pena de dejar a Francia en estado de retraso frente a una realidad global que no está fijada, que fluye y que nos obliga a pensar, actuar e influir. Globalidad no es fatalidad, puede ser oportunidad.

Lo demás, la "pipolización", Sarkozy y sus mujeres, sólo es, como dice un viejo y sabio francés y muy querido amigo, lo demás es "entretenimiento": "C'est amusant".

París, Enero del 2008


jueves, noviembre 08, 2007

Sarkozy perdu dans son rêve américain

En visite présidentielle aux Etats-Unis, Sarkozy réaffirme son attachement à un pays en froid avec la France depuis 2003.

FRANÇOIS NOUDELMANN

En venant à Washington déclarer l’amour de la France pour les Etats-Unis, le président Sarkozy sait-il vraiment à qui il s’adresse ? Bush lui-même se désole de ne plus reconnaître son pays, après l’avoir embarqué dans une guerre désastreuse. L’heure de la retraite a provoqué un grand doute des Américains sur leur puissance, ébranlée depuis le 11 Septembre.

Hier, Sarkozy a déclaré au Congrès son admiration inconditionnelle des Etats-Unis par une suite de clichés emphatiques. Citant Elvis Presley et Martin Luther King, il a célébré le rêve américain, sa «force morale et spirituelle». Mais l’amour ne fonde pas une politique et l’Amérique à venir existe désormais ailleurs. Elle vit dans un chaos difficile à imaginer pour ses adversaires comme pour ses admirateurs.

Faillite. Très différent de l’après-Vietnam, le paysage idéologique se reconfigure sur un champ dévasté. Les Américains ne font plus la guerre au nom de la liberté universelle et ils doivent assumer une faillite de leurs valeurs fondatrices. Paradoxalement la droite morale et néoconservatrice aura légitimé la torture et l’immunité des mercenaires. Son nietzschéisme simpliste l’a conduite à juger le souci du droit comme une revendication de pays faibles.

L’après-Bush a déjà commencé, comme le montrent les nombreux films grand public qui sortent pour dénoncer les mensonges et les manipulations de l’administration américaine. Et les médias ne craignent plus de paraître antipatriotiques en critiquant Guantanamo ou la surenchère guerrière. Cependant l’opposition politique n’a pas encore trouvé la relève car elle doit d’abord mesurer les évolutions d’une population très composite.

La campagne électorale précoce s’annonce passionnante, d’autant que l’affrontement traditionnel entre républicains et démocrates ne reconduit pas exactement ses lignes de partage. Le succès présent de Rudy Giuliani parmi les prétendants républicains signale un tel déplacement. Marié trois fois, favorable au droit à l’avortement et au mariage homosexuel, il déroge au profil attendu. Certes, il soutient les faucons pour bombarder l’Iran et prône un allégement des impôts, mais ses positions indiquent que l’ordre moral n’est plus une priorité des électeurs. Sa désignation sonnerait la défaite de la droite religieuse.

Bas les masques. Du côté démocrate, l’avance confortable d’Hillary Clinton ne peut masquer son attentisme politique en passe d’éclater sur les questions sociales. Samedi dernier, son principal concurrent Barak Obama fut l’invité surprise d’une émission télévisée qui présentait une parodie des Clinton recevant les prétendants démocrates le soir d’Halloween. Un faux Richardson venait proposer à Hillary les voix des Hispaniques pour devenir son vice-président. Puis Obama surgit et enleva son déguisement de candidat noir pour apparaître lui-même. «Bas les masques !», sembla signifier ce jeune candidat qui veut incarner une nouvelle Amérique.

En attendant cette vérité, les relations franco-américaines sont condamnées à la parodie, celle de George Washington et La Fayette en habits d’Halloween. En Europe, les pro et les antiaméricains s’imaginent toujours l’Amérique comme un bloc de puissance alors qu’elle est en pleine recomposition. Plutôt que jouer la comédie du remariage, la diplomatie française doit se poser cette question: comment adresser son désir d’amour quand l’autre ne sait plus qui il est ni où il va ?

miércoles, octubre 31, 2007

Una antología desvela la visión del mundo de Paul Valéry

Los 'Cuadernos' del poeta y pensador francés son traducidos por primera vez al español

JOSÉ ANDRÉS ROJO

Durante más de 50 años, entre 1894 y 1945, Paul Valéry se levantaba entre las cuatro y las cinco de la mañana y se ponía a escribir. Lo hacía en unos cuadernos y volcaba allí las consideraciones más diversas sobre todo tipo de materias. Notas, apuntes, breves desarrollos, reflexiones, destellos. "Quería reunir y rechazar en bloque todo lo que viene a la mente", escribió allí. Basta detenerse en esta línea suelta, tomada al azar, para acercarse a la envergadura de su cometido. "Reunir y rechazar", dos opciones contrapuestas, y hacerlo además "en bloque". ¿Y qué era lo que lo ocupaba? "Todo lo que viene a la mente". Ahí es nada.

Nacido en 1871 en Sète, Valéry se instaló en París en 1894 y entró en los círculos literarios de la mano de Pierre Louys. Fue amigo de Mallarmé y de Gide y deslumbró como poeta con El cementerio marino. Escribió ensayos, teatro, prosa -como La velada con el señor Edmond Teste- y más poesía. Estudió Derecho, trabajó como funcionario del Ministerio de Guerra, como secretario de André Lebey (escritor, diputado socialista, alto dignatario del Gran Oriente de Francia, fundador de L'Humanité), como profesor. Sus ideas conservadoras quedan eclipsadas por la audacia de sus reflexiones en otro tipo de materias.

Cuando Paul Valéry murió en París en 1945, su familia descubrió lo que tenía entre manos: 261 cuadernos. ¿Qué podían hacer? ¿Cómo enfrentarse a las miles y miles de anotaciones que contenían? El susto tuvo que ser tal que la opción inmediata fue hacer una edición facsimilar. Que todo salga tal cual. Entre 1957 y 1961, y con una discreta tirada de cinco centenares de ejemplares, se publicaron los cuadernos en 29 tomos. Sin tocar nada, como el autor los había dejado.

Ayer en Madrid se presentó la primera traducción que se hace al español de esta singular aventura literaria. Cuadernos (1894-1945) (Galaxia Gutenberg / Círculo de Lectores) es una antología de más de 500 páginas que ha realizado Andrés Sánchez Robayna -y que ha traducido también él con Maryse Privat y Fátima Sainz- de la obra original de Paul Valéry (en Francia y en Alemania se han publicado los cuadernos completos y en Italia están en camino). ¿Qué hay ahí? Pues mucho y de lo más diverso, y con la contundencia y lucidez de una inteligencia que trabajaba en estado de máxima concentración y que pretendía ocuparse, tratar, pensarlo e imaginarlo todo.


Contó ayer Sánchez Robayna que, en vida, Valéry se planteó lo que podía hacer con lo que contenían sus cuadernos. "Empezó a pasar algunas anotaciones a máquina, pero al final lo dejó todo en manos de dos secretarias, que debían ocuparse de ordenar sus apuntes por temas". De hecho, la primera antología de los cuadernos que publicó Gallimard en 1981 se ordenó siguiendo ese criterio, que es también el que se ha utilizado ahora. Con leer el índice se comprende qué diablos hacía el autor de El cementerio marino a primeras horas del día, solo consigo mismo y arañando hoja tras hoja. Ego, Lenguaje, Filosofía, Sistema, Memoria, Tiempo, Sueño, Conciencia, Eros, Matemáticas, Ciencia, Poesía, Historia-Política... Por sólo citar unas cuantas áreas que centraron su interés.

He aquí unas cuantas cápsulas para ir haciendo boca: "Todo está predicho por el diccionario". "Pensar es esperar más o menos pasivamente". "El despertar da a los sueños una reputación que no se merecen". "El álgebra es la expresión reducida a los actos". "La mezcla de amor y mente es la bebida más embriagadora". "El poema es a la novela lo que el sonido es al ruido". "En una guerra moderna, si alguien mata a alguien, mata a su proveedor o a su cliente".

¿Qué son los cuadernos? Un taller de escritura, un diccionario intelectual, una enciclopedia íntima, un repertorio filosófico, la suma de un pensamiento libre. De todas esas maneras los definió Sánchez Robayna. Dijo que son creación, pero también reflexión sobre el proceso creativo y sobre el proceso mental. En sus páginas resuenan ecos de Pascal y Montaigne, "pero tienen mucho que ver con lo que hicieron Novalis y Leopardi, que fueron también poetas y pensadores y que escribieron también múltiples anotaciones sobre múltiples cuestiones", comentó. Octavio Paz, Theodor W. Adorno o T. S. Eliot se rindieron de inmediato a su inmenso poder intelectual. Influyeron decisivamente en Walter Benjamin. Y en el químico Ilya Prigonine, que escribió en un largo ensayo que todas las teorías de la física actual sobre el tiempo están ya anunciadas en los cuadernos de Paul Valéry.