viernes, septiembre 12, 2008

Benoît, notre meilleur allié

Charb

On peut certainement reprocher plein de choses à Benoît XVI, on peut se foutre de sa gueule pour une infinité de raisons, mais il me semble que ce n’est pas la fonction d’un journal d’athées de critiquer les « reculs » ou les « avancées » du catholicisme. Par exemple, qu’y a-t-il de choquant pour un athée dans le fait que le pape soit opposé au mariage de ses prêtres ? Personne n’oblige un croyant à devenir catholique pour ensuite devenir prêtre. Celui qui devient prêtre catholique sait que sa hiérarchie lui interdira de se marier. En tant qu’athée, pourquoi devrait-on s’insurger contre cette règle ? Le fonctionnement interne de l’Église ne nous regarde pas, et nous n’avons pas à prendre parti pour ceux qui seraient des progressistes contre ceux qui seraient des traditionalistes. Nous ne sommes pas pour un Dieu d’amour contre un Dieu de haine, nous nions Dieu. Ce qui est absurde, c’est de croire en Dieu ; qu’a-t-on à faire des conséquences qui en découlent pour le croyant ?

De même, le pape qui « interdit » à ses fidèles d’utiliser un préservatif n’est pas scandaleux. Un catholique n’a pas à avoir de relations sexuelles avant le mariage. S’il en a, c’est qu’il n’est pas un catholique sincère et, quitte à ne pas être un bon catholique, pourquoi n’enfilerait-il pas une capote ? Le pape n’a pas les moyens légaux d’imposer à quiconque de ne pas mettre de préservatifs. Même pas à ses fidèles. Et notre rôle doit se borner à s’assurer que la société dans laquelle nous vivons ne lui en donne jamais les moyens. Maintenant, si l’athée veut se protéger du sida, en plus d’utiliser un préservatif, il peut éviter d’avoir des rapports sexuels avec des catholiques… En refusant que les catholiques utilisent le préservatif, le pape est à peu près dans la même situation qu’un industriel du tabac : il détruit sa propre clientèle.

Le pape est contre l’avortement. Rien à dire s’il ne cherche pas à imposer ses vues à la société. Que le catholique n’avorte pas ne gêne personne. Mais à chaque fois que le pape et ses fidèles tentent de revenir sur la laïcité, il est légitime de leur cogner violemment sur le pif. Pour le reste, amusons-nous à tourner en ridicule la religion, informons les plus crédules des dangers de croire, mais ne reprochons pas aux catholiques d’être des abrutis. Ils en ont le droit. Tout comme les juifs et les musulmans.

Le pape est contre l’homosexualité et, bien entendu, contre le mariage des homosexuels. Les homosexuels sont les victimes éternelles de toutes les religions. Pourquoi devrait-on pleurnicher sur le sort des homosexuels qui ont fait le choix de croire en un Dieu qui les conchie ? Un homosexuel catholique est aussi un masochiste. Et alors ? Si c’est son choix… Soyons tolérants avec ceux qui ont des pratiques sexuelles qui ne sont pas les nôtres.

De plus en plus d’athées exigent de l’Église qu’elle les débaptise. Pourquoi pas, si ça peut faire chier l’Église ? Les occasions de s’amuser sont rares. Mais ceux qui entreprennent ces démarches ont-ils réfléchi qu’en demandant à l’Église de n’être plus catholiques, ils reconnaissent implicitement qu’ils l’étaient jusque-là ? Ils reconnaissent en effet que le baptême a un sens pour eux. Le même sens qu’il a pour les catholiques. Se faire débaptiser est-il le meilleur moyen de nier l’importance symbolique de cet acte grotesque ? En revanche, je suis étonné que les athées qui ont été circoncis au nom d’une religion ne portent pas plainte pour mutilation, une fois adultes. S’en prendre à l’intégrité physique de quelqu’un, le marquer de manière indélébile au nom d’une religion, c’est autre chose que de se prendre un verre d’eau dans la gueule.

Enfin, le pape est un chef d’État. Opposons-nous à sa venue comme nous nous sommes opposés à celle de Kadhafi. Ni plus, ni moins. Amen.

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